Un livre pour une rivière

« Méouge à contre-courant  » salue, en 160 pages, la Méouge (Meougio en provençal = eau à la couleur de miel) rivière du sud à la fois haut-alpine et drômoise, alpine et méditerrannée. Salue cette rivière… mais également sa vallée et tous ceux qui y sont restés.
Son pont roman, plus connu comme Pont Romain, est son emblême, mais elle bien autre chose que le rendez-vous des vacanciers … Brûlée dans son chaos minéral, bercée par le chant des cigales, enivrée  l’été, par l’odeur de la lavande, du thym, des genêts, du tilleul, la vallée devient  couleur d’été indien le temps des récoltes. Puis blanche et grelottante, ces nuits d’hiver qu’apprécient tant les chamois… Quand on disait qu’elle était autant alpine que méditerranéenne!.

couv-1
C’est cela la vallée de la Méouge, à 4 kilomètres de Laragne,15 de Sisteron, et 34 de Séderon où elle prend sa source : un caractère et une histoire d’Hommes. Celle des aïeux qui ont essayé d’y survivre pour que leurs enfants la fassent vivre maintenant.
La voilà même qui se fait une des ambassadrices du futur parc régional des Baronnies Provençales et qui cultive, non sans fierté, ses activités de pleine nature. Au point d’y accueillir cet été 2009, sur sa crête de Chabre, le championnat mondial de vol libre et les 120 meilleurs pilotes du moment.
Sylvain Augier, l’animateur TV de la « Carte aux Trésors » et amoureux incontestable de la nature et des espaces protégés en a fait bien volontiers la préface. D’autant qu’il connait bien la région pour l’avoir survolé en deltaplane, aux débuts de ce sport aérien. Quant à Pierre Magnan, l’écrivain de Forcalquier, qui a situé son avant-dernier roman « Laure du bout du monde » à Eourres, l’un des villages de la vallée, il a lui aussi posé sa griffe sur cet ouvrage.
Les auteurs, Agnès Braisaz et Bruno Lagier, ont arpenté ces flancs de montagne où la nature règne en maîtresse, et racontent ces 6 villages haut-alpins qui bordent  ou surplombent cette rivière. Ils ont observé la vallée au fil des saisons, ont vécu ses habitudes, sont allés à la rencontre de ceux qui y vivent. D’autant que l’un d’eux y est né et que l’autre s’y est faite adopter.
Leur beauté et leur caractère ont même valu aux gorges de la Méouge d’être classées, il y a deux ans, comme l’une des 7 Merveilles des Hautes-Alpes.